mercredi 3 juin 2009

Quand Nexway se met au vert!

A l’occasion du lancement de l’éco-calculateur Nexway permettant d’évaluer l’impact du téléchargement sur l’environnement (http://www.jetelechargepropre.com) , voici ma vision du téléchargement et de sa participation au développement durable.

L’engagement croissant des entreprises pour une informatique plus écologique va de pair avec le développement des préoccupations autour de la Responsabilité sociale des entreprises (RSE). L’informatique verte n’est qu’un des aspects de l’évolution nécessaire à opérer pour l’avenir de l’entreprise et de la planète. Tous les champs d’action et d’interaction d’une entreprise doivent être pris en considération à travers le prisme d’un développement durable.

L’évolution de la consommation de biens culturels dématérialisés est inéluctable. Nous travaillons avec des éditeurs de logiciels et jeux vidéo, qui vendent sur leurs espaces web ou sur des sites e-marchands. Sur l’année 2008 par exemple, nous avons diffusé plus d’un million de produits.

Pour schématiser, cela représente 1 000 000 de déplacements en moins (d’une heure en moyenne) et autant de boîtes envoyées en moins, soit 200 tonnes de bois ou des milliers d’arbres préservés. Sur la stricte qualité de vie, cela représente un équivalent de 115 ans de temps libre ou pouvant être dédié à d’autres occupations.

Afin de valider et mesure le gain écologique d’un achat digital, Nexway a fait appel à Ecoeff (
www.ecoeff.com), un bureau d’études et organisme de formation intervenant sur les questions d'éco-conception et d'achats responsables, afin de réaliser le « Profil Environnemental Produit » (PEP) du téléchargement et démontrer – grâce à un éco-calculateur – l’économie en CO2 qu’elle permet lors d’un téléchargement de logiciel ou jeu vidéo.
En voici un exemple concret : je télécharge un logiciel d’anti-spam dont la taille fait 50 Mo. Mon téléchargement va émettre 2g de CO2, alors que si je m’étais déplacé en voiture au magasin, j’aurais émis 3000g de CO2.
Cette émission de CO2 équivaut à parcourir 875 mètres en tramway (Données ADEME : 3 g de CO2/km/passager) ; 5 mètres avec une voiture sportive (620 chevaux); 18.75 mètres avec une voiture de cylindrée moyenne (75 chevaux) ; 25 mètres avec une voiture hybride de type Toyota Prius et 300 cm en avion !

L’Eco-calculateur est donc un outil puissant permettant de mesurer l’empreinte environnementale : les produits que nous concevons, achetons, utilisons et jetons causent tous des préjudices pour la santé de la planète et de l’homme, à un moment ou à un autre de leur cycle de vie. En adoptant des modes de production et consommation durables tels que le téléchargement, il est possible de réduire ces impacts environnementaux.

En effet, si on regarde de plus près un cycle normal de fabrication et de distribution d’un jeu vidéo par exemple, on peut observer les trois étapes suivantes et les processus de production qui consomment du CO2 :

1 Fabrication du CD/DVD :

matériaux utilisés pour la fabrication du CD
nombre de composants utilisés
sources d’énergie utilisées
recyclage des déchets et chutes de matières (oui/non)

2 L’emballage et la manutention

Fabrication de la boîte du CD/DVD :
impression du message
utilisation de carton recyclé ou non
Plastification
Expédition :
Manutention
Expédition
palettisation

3 Le transport

Transport sur route par camion :
Tonnage
Distance en kms parcourus
Nombre de points de vente physique livrés
Fréquence des livraisons, des chargements/déchargements

Ces trois étapes nous permettent de mesurer un équivalent d’émissions de CO2 entraînant un impact écologique négatif. Celui-ci doit être comparé et minoré par les impacts générés par les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication)Web, principalement les consommations d’énergie occasionnées par les centres d’hébergement (machine, climatisation et électricité) ainsi que la consommation électrique de votre propre PC, mais qui restent encore bien malheureusement négatifs.

L’éco-calculateurs est donc une solution qui permet aux acteurs du secteur des TIC comme à leurs utilisateurs de consommer moins d’énergie et d’émettre moins de CO2. L’usage des TIC croît de façon constante, les éco-calculateurs auront donc un effet vertueux global pour le développement durable de notre société.

Couplées aux avantages de la commande digitale (accessibilité permanente, large choix, test avant achat, acquisition en temps réel, etc.), ces nouvelles possibilités et pratiques de consommation économes de ressources naturelles, nous font penser que, décidemment, la nature est bien faite !

vendredi 24 avril 2009

Signez la pétition HADOPI Non-Merci !

La loi Hadopi présentée aux députés il y a une dizaine de jours n’a pas été rejetée par hasard !

Cette loi n’est pas passée parce que son volet répressif est représentatif d’un clivage générationnel important.
Ce clivage se retrouve forcément à l’assemblée entre les jeunes assistants parlementaires et les députés (ces derniers sont souvent leurs ainés et certainement moins férus de nouvelles technologies ou d’autres sites communautaires). Il est pourtant vain de vouloir arrêter l’évolution et la mutation des modèles par des lois répressives. On doit plutôt accompagner ces nouveaux modes de comportement et ces nouvelles attitudes de consommation.

Cette loi n’est pas passée parce qu’elle est perçue comme trop intrusive et portant atteinte à la vie privée.
L’appliquer oblige en effet à porter atteinte à la vie privée des gens, à appliquer les méthodes des pays les moins tolérants ou les plus totalitaires, méthodes que la France déplore et dénonce à raison. Cette loi crée un précédent sur l'autorisation de moyens légaux de controle de l'Internet, ce qui extrèmement engageant et va à contre courant de l'évolution vers plus de modernité".

Cette loi n’est pas passée parce qu’elle est inapplicable et inégalitaire.


Inapplicable techniquement : le principe de détection IP peut être facilement contourné, les logiciels qui masquent les adresses IP vont monter au hit-parade des téléchargements. Toutes les mesures, même les plus strictes, pouvant être mises en œuvre par certains FAI pourront être contournées (Ex : une machine virtuelle). Et quid des millions de collaborateurs ayant accès à l’internet depuis l’entreprise ou les millions de citoyens ayant accès à l’internet via le Wifi en ville ou ailleurs ?
Inégalitaire : seuls les novices ou les petits en bout de chaine via les FAI pourront être vraiment contrôlés.
Cette loi n’est pas juste et pose un problème de légalité dès lors par exemple qu’une famille entière peut se trouver pénalisée par l’agissement du petit frère alors que la grande sœur à besoin de l’internet pour ses études… Par ailleurs, qu’en est-il du droit opposable à l’accès Internet dans ce cas ?
Et sans parler de ce cas extrême de double peine ou en plus de se voir privé d’Internet, il faut continuer à devoir payer son abonnement !


Cette loi n’est pas passé parce qu’elle est inutile.


Cette loi n’est pas faite pour durer, ce n’est pas une loi d’avenir, c’est une loi d’attente par défaut, protectrice des modèles existant (continuez à acheter des CD !).
Ne nous voilons pas la face, la loi est principalement portée par les lobbies musicaux, par certains grands majors et grandes enseignes, inquiets à juste titre du risque encouru pour les artistes mais certainement trop attentistes face aux nouveaux challenges et opportunités que permet Internet.

Parlons justement du modèle existant, où seule une poignée de vedettes ont accès à l’audience, selon des critères commerciaux pas toujours artistiques. Et en bout de chaîne pour la création, 10 à 15% du prix payé par le consommateur. Oui ! Moins de 15% du prix d’un CD doit être partagé entre l’auteur, l’interprète, les musiciens et toute la chaines de production. Ces acteurs en place, qui, pour la plupart n’ont pas été en mesure d’anticiper avec soit des initiatives trop timides, ou bien des projets type « world company » d’un autre temps.


Il y a par ailleurs un paradoxe, une ambigüité dans l’attitude de certaines majors, qui d’un côté, crient au pillage, et de l’autre, refusent de vendre aux nouveaux acteurs du téléchargement légal ou mettent des barrières élevées à l’accès de leur contenu. En tant que PDG de la société Nexway, leader du téléchargement légal en France, je suis bien placé pour le savoir et déplore d’en être souvent victime.

La cause de ce besoin de mutation prend ses racines dans la remise en cause des modes de communication et d’expression, qu’amène Internet. Chaque individu peut être maintenant à la fois acteur et spectateur, client ou fournisseur, lecteur ou rédacteur… Internet amène ces nouvelles possibilités mais également les nouveaux modèles et outils qui vont avec.

Déjà de nouveaux modèles se révèlent: autour de nous des milliers d’auteurs sont déjà en mesure de vendre leur création sur internet et depuis leur Blog.
Il faut multiplier les offres légales et cela, la loi le cite. Travaillons plutôt ensemble sur ce volet, faisons une meilleure promotion de ces offres et battons-nous pour mieux les réglementer.

De plus, un travail de prévention et d’avertissement serait certainement utile : certains sites de téléchargement illégaux sont truffés de virus, de pornographie et de pièges.
Je pense d’ailleurs à la création d’un label de certification de contenu légaux du type Legal Content (Si vous-même souhaitez avancer sur cette idée, merci de vos posts de proposition).

La loi sera pourtant représentée peu ou prou dans son même format, sauf si tous les parties les plus impliqués sur internet réagissent, si tous les connectés s’unissent.
Internet, une fois de plus, pourrait permettre de défendre l’internet. Je me propose d’ouvrir très prochainement une PETITION permettant à tous d’exprimer son opposition au volet répressif de la loi.
Si vous trouvez comme moi cette loi intrusive, inapplicable, inégalitaire, injuste, inutile, …. SIGNEZ !